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 Ne pas craquer

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Âge : 28 ans
Emploi : Conseiller du Dictateur
MessageSujet: Ne pas craquer   Mer 2 Mai - 22:06

Ne pas craquer


Dix-neuf heures venaient de sonner. Un bruissement de papier, puis le silence, de nouveau. Je levai la tête et fronçai imperceptiblement les sourcils. Dans quelques minutes, le colonel que j'avais convoqué allait entrer dans mon bureau et j'étais décidé à ne rien céder à cette relation qui me rongeait de l'intérieur. Pour qui me connaissait vraiment, ma nervosité était perceptible. Il suffisait de voir mes doigts se crisper sur la page du rapport que je lisais pour le comprendre. Mais personne ne me connaissait vraiment et il n'y avait personne pour me voir après tout. J'étais au bord de l'implosion.
Le silence qui régnait là me faisait penser au calme avant la tempête. De tous les militaires qui travaillaient pour ce gouvernement, il n'y en avait qu'un seul que je désirais voir. Pas pour les bonnes raisons. J'en venais à regretter cette convocation avant même qu'il eut franchi le seuil de la porte. Je me levai quand mon secrétaire frappa et m'annonça que le colonel Bae Jin Kyung était arrivé. « Faites-le entrer, répondis-je froidement. »

Je regardai alors, impassible, le jeune homme se présenter devant moi. Mon secrétaire prit soin de refermer la porte, nous laissant seuls, presque coupés du monde. Je fis signe à Jin Kyung de s'asseoir, ne le quittant des yeux que pour regarder un bref instant l'horloge. Je tapotai alors le rapport devant moi et plantai mon regard dans celui de mon amant. « Je vous remercie d'être venu. J'ai besoin d'explications. Nous en avons besoin. » Par ce « Nous », je parlais évidemment du Dictateur. Jin Kyung ignorait tout de la position dans laquelle je me trouvais depuis peu et je tenais à ce que les choses restent ainsi. Néanmoins, il devait rendre des comptes.
« Comment se fait-il que les arrestations se multiplient dans tout le pays mais que, sous vos ordres, Colonel Bae, nous n'en comptions aucune ? » Je croisai les mains devant moi sur le bureau et fixai l'homme qui me donnait tant de fil à retordre. J'avais des dizaines de choses à lui dire, à lui demander, bien loin du cadre professionnel. Mais ne m'en étais-je pas déjà assez éloigné ? Rien que de penser aux torts que cette relation pouvait me causer, je transpirais dans mon costume impeccable. Le tout était de ne pas regarder autour de moi pour le moment. Je m'interdisais surtout de regarder le canapé, sur lequel je pourrais voir le corps de mon amant s'offrir de nouveau au mien. Le seul fait d'avoir Jin Kyung face à moi causait bien plus d'émoi que je ne l'aurais voulu. Mais je ne laissai rien transparaître. J'étais là pour le travail et cette fois il n'était pas question de me détourner de mon objectif.
(c) Colyn


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Âge : 27 ans
Emploi : Colonel
Administrateur
MessageSujet: Re: Ne pas craquer   Dim 20 Mai - 19:12

 


The Best Decision

Je n’avais pas envie de travailler. Je terminais un rapport interminable sur les rebelles pour un des conseillers et je n’en menais pas large. Mon travail me pesait de plus en plus, sachant que je savais que ces mêmes rapports seraient entre les mains des collègues de mon amant. D’autant plus qu’ils ne se gênaient pas pour en retirer tout le mérite. Je le savais parfaitement, mais ne pouvais rien faire contre ça. J’en avais marre qu’ils me prennent pour leur chien fidèle m’envoyant en mission dans tous les coins de Lansan. J’arrêtais des gens sans fondements, et m’assurais qu’ils repartent sans soupçon. Mais je n’allais pas tarder à en payer le prix. Et clairement, je recommençais à ne plus vraiment m’alimenter. Son Sil allait me le faire regretter. C’est d’ailleurs mon amoureux que j’allais rejoindre à la fin de cette journée. J’étais impatient de le rejoindre, me remettre dans le creux de ses bras. Une chose me dérangeait néanmoins, il m’avait donné rendez-vous dans son bureau. Chose inhabituelle, ça m’inquiétait un peu.

Je regardai une dernière fois ma montre avant de fermer le dossier que je tenais. J’attrapai ma veste d’uniforme et partis rejoindre le Palais Doré. D’un regard noir et d’un pas rapide, je ne me faisais pas accoster. Près du Palais, les gardes me saluèrent et je partais vers les bureaux du conseiller, je ne m’octroyais pas une pause avant de me présenter au secrétaire de Son Sil. Je n’avais plus besoin d’ouvrir la bouche, les présentations n’étaient plus nécessaires. Je remis ma cravate en place et passais une main dans mes cheveux les froissant un peu. Je n’avais pas envie d’être trop carré pour mon amant. Je pénétrai dans le bureau alors que l’employé du conseiller en sortait à peine.

Je n’eu pas le temps de faire un sourire que la froideur de l’accueil de mon amant m’assura de m’asseoir. Je soupirai. Alors ce n’était pas l’amoureux qui voulait me voir, mais bien l’homme que tout le monde voyait et n’avait pas envie de rencontrer. Sa réputation n’était pas la plus enviable de Lansan. Je croisais les jambes et mis ma main sous le menton alors que j’attendais ses remontrances. Parce qu’il est clair que je n’allais pas avoir droit à des compliments.

Le vouvoiement me fit mal au cœur. La tristesse et la contrariété s’empara de mon visage. Alors c’est comme ça ? Je n’ai même pas le droit à un traitement différent des autres ? Des remontrances, je le savais. Pas d’arrestations ? Qu’est-ce qu’il racontait ? J’avais un certain nombre d’interrogatoires à ma charge et des arrestations, j’en avais également. Les quelques-unes m’avaient rendu malade.

« Des explications Conseiller Liu ? Je pourrais vous en donner des tonnes. Mais avant ça, j’aimerai savoir pourquoi je suis accusé de ne pas faire mon travail ? »

Je me levai, incapable de rester assis dans cette horrible chaise. En fait, j’étais réellement furieux. Ces foutus gens me faisaient passer pour le dernier des imbéciles face à mon amant mais aussi au Dictateur. Bien que je ne le portais pas dans mon cœur, il fallait que je garde une certaine réputation. J’étais un des meilleurs éléments. Je me tournai et plaquai les main sur le bureau de Son Sil.

« Je pensais que vous communiquiez entre conseillers ? Je suis sous les ordres de vous tous à ce que je sache. Et pourtant, mes missions ne sont pas connues de vous ? Je pars régulièrement de la Capitale pour m’occuper des autres régions, même Lapanalda. J’organise des interrogatoires régulièrement, rédige des rapports à m’en faire mal aux mains et j’envoie des personnes susceptibles d’être des rebelles dans des camps. Tout ça pour quoi ? Pour me dire que je ne fais pas pour travail ? Vous ne pouvez que plaisanter, Conseiller. »  

Mon regard était loin d’être tendre, en accord avec mon ton. Oui, je faisais passer des rebelles dans les mailles du filet, mais j’avais tout fait pour garder une bonne image de colonel droit dans la dictature. Et que Son Sil puisse en douter…j’étais particulièrement déçu. Bien que l’envie de l’embrasser et le jeter sur son canapé me tirailler les entrailles. A la place, c'est une cigarette que j'attrapai dans la poche de ma veste avant de retirer cette dernière et la posai sur l'accoudoir de la chaise. J'allumai mon bâtonnet sans même regarder Son Sil.
© Frimelda, sur une proposition de © Blork



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solosand
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