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 all we do is think about the feelings that we hide -- kun

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MessageSujet: all we do is think about the feelings that we hide -- kun   Lun 30 Avr - 17:08
all we do is think about the feelings that we hide
kun & shaolan




Le paysage s’efface, les décors changent. Seul Kun demeure à ses côtés, statue de pierre, haute et impénétrable. Shaolan ne le regarde pas, n’ose pas lui tourner la moindre attention pendant tout le chemin. Du cimetière jusqu’à la maison de sa génitrice. Elle n’est pas là, sortie s’occuper elle-même de quelques courses. Depuis la mort de son père, il sait qu’elle se sent bien seule et s’occupe alors l’esprit comme elle pouvait. Si leur mariage avait d’abord été une union arrangée, ses parents avaient rapidement vu naitre une grande affection entre eux, de la tendresse et du respect. Elle tenait à lui, tout comme il tenait à elle. Shaolan observe la petite maison, refuge de tant de souvenirs, si doux mais enrobés d’amertume depuis que Kun avait jugé leur relation désuète. Il n’est pas certain de l’heure où elle rentrera mais ce n’est pas son genre de tarder et il en informe le brun qui ne semble pas récalcitrant à l’attendre. Shaolan tente un sourire de politesse envers lui, il craque à mi-chemin puis se pince douloureusement les lippes, fait en sorte de ne pas briser l’harmonie de ses traits. Kun le connait mieux que quiconque, et avec lui c’est bien trop difficile de feindre et jouer la comédie avec le reste. Kun l’a brisé. Il en a fait une carcasse vivante dans les battements de cœur n’ont aucun sens. Il est là, mais il ne peut le toucher. Pourtant, il ne désire que lui, ne veut que lui.
Mais voir Kun.
Voir Kun, c’est voir (imaginer) les autres corps qu’il a étreint, les lèvres inconnues qu’il a embrassé, les doigts qui se sont accrochés à lui puis qui ont été source de ses gémissements de plaisir.
Kun. C’est son lit vide. Les nuits d’attentes. La peur qui gronde, l’incompréhension. La haine, la rage, contre lui-même et le monde. Parce qu’ils étaient heureux, p.utain, les plus heureux. Shaolan y a réellement cru.
Bonheur. Foutaises. Et il déteste les battements cruels de son cœur qui regrette jamais seconde passée sans lui, le sang devient un acide qui ronge son corps de l’intérieur. Seulement parce que Kun n’est plus là. Il lui est revenu aujourd’hui, mais Shaolan n’en veut plus. C’est ce dont il s’assure, en tout cas. Il faut arrêter de souffrir.

Kun a le temps. Shaolan aussi. Alors ils peuvent attendre ensemble et peu importe à quel point il désire rester silencieux, les langues se délient d’elles-mêmes, l’homme à ses côtés sur le canapé. Il en vient à dire ce qu’il craignait le plus, avouer qu’il ne revenait plus dans la maison de son enfance parce que tout lui rappelait Kun. Rien que le chemin qui les y menait, c’était un requiem pour leur fougue d’adolescent, l’adrénaline dans les veines quand ils se perdaient dans une ruelle, à l’affut d’un recoin sombre où sceller leurs lèvres, aux jeunes adultes qui réussissaient à bien mieux se contrôler jusqu’à l’intimité de leur chambre. « Je déteste pas ça, penser à toi… » répond-t-il doucement, ce serait détester toute son enfance, sa vie entière. Parce qu’elle n’a été faite que de Kun. « Mais je préfère quand je ne pense pas à toi. »

Il rit malgré lui quand Kun lui rappelle avant, quand ils se cachaient de leurs parents, mimant de simples jeux dans sa chambre. Un rire triste qui lui fait difficilement ravaler un sanglot. Il l’aime tant. Mais il lui en veut encore plus. « Arrête… » Mais il n’y a pas de force dans sa voix. Il est épuisé. Et sa main qui glisse vers celle de Kun, mécanisme humain, il ne le sent que dans les bouts de ses doigts effleurent ceux du jeune homme. « Arrête de me parler, arrêter de me dire que je te manque. Tu m’as laissé Kun, alors arrête. Arrête de me faire du mal. » Ses phalanges se plient, elles empoignent le pan de sa cape. La porte s’ouvre finalement et le visage chaleureux de sa mère apparait devant eux, il s’éclaire en le voyant, s’illumine encore plus en voyant Kun à ses côtés. Elle n’a cessé de lui demander de ses nouvelles ces dernières semaines, semble heureuse en les pensant de nouveaux amis comme avant, qu’importe la raison de leur dispute. Si seulement.




©️ mistogan
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MessageSujet: Re: all we do is think about the feelings that we hide -- kun   Ven 4 Mai - 0:02
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Ils quittent ce cimetière, mais c’est comme s’ils s’y trouvaient encore. Leur amour s’enterre ici et là-bas, a été rendu à la terre – semble être redevenu poussière. C’est ce à quoi Kun pense alors qu’ils marchent sur ce chemin, seuls. Plongés dans la solitude autant physiquement que mentalement, comme s’ils n’existaient plus. Kun se prend à regarder vers Shaolan. Il revit dans de petits coups d’œil discrets, il a l’impression que sa rétine pourrait en brûler, de briser l’interdit aussi. Mais Shaolan, il lui a tellement manqué qu’il ne peut pas résister. Il veut voir les détails, se souvenir de la moindre parcelle de son visage. Avoir des images récentes en tête, se dire que Shaolan est toujours là. Qu’il ne disparaît pas, ne s’efface pas comme leurs sentiments. Il voudrait ancrer son visage dans sa tête et que le merveilleux tableau ne parte jamais. Kun, naïf. Ignoré par cet homme qu’il aime tant mais qu’il a détruit. Kun qui n’a pas su mettre ses complexes de côté, que les absences ont brisé lui aussi. Du gâchis, ils étaient si beaux. Aucune attention, silence complet. Que le chant des oiseaux, leurs pas qui martèlent le sol. S’écrasent sur le chemin jusqu’à la maison. Demeure vide, génitrice absente – c’est ce qu’on comprend. Courses, femme occupée. Pas comme la mère de Kun aujourd’hui disparue. Manquante au tableau, Kun qui n’a plus rien vu que Shaolan n’est plus sien. Et puis il a toujours été la seule chose, le seul être que Kun ait réellement voulu.

Ils s’accordent pour attendre. Ils n’ont pas d’emploi du temps serré pour aujourd’hui. Shaolan qui paraît être disponible – pas comme avant. Kun aurait tellement voulu le voir plus. Juste une seconde de plus, peu aurait été assez s’il avait senti l’autre faire des efforts. Sauf que le destin en avait choisi autrement. Kun avait pris un chemin tortueux, terrible pour l’amour et il le regrettait chaque jour. Ils n’avaient été que des chimères, des gens dont Kun ne retiendrait rien. Kun remarque le douloureux rictus sur les lèvres de Shaolan, comme un sourire qui s’arrête à mi-chemin. Impossible de lui en vouloir, lui-même n’arrive plus à sourire à son propre reflet. Comment Shaolan le pourrait-il ? Il ne doit revoir que les mots cruels, qu’un Kun pathétique – détestable. Pas l’homme, le garçon qu’il a aimé. Pas celui avec qui il partageait cet anneau, simplement un monstre. Tous les deux jouent une comédie, marchent sur un fil à dix mètres de haut lorsqu’ils sont ensemble. Hésitations, tensions. (Sentiments) Kun qui vit dans la confusion, oublie un instant ses fautes avant qu’elles ne reviennent le frapper. Il se déteste encore plus que Shaolan ne peut le faire.

Kun obéit à cette invitation, s’assoit à côté de Shaolan. Shaolan, toujours aussi majestueux même dans la chute, dans l’amertume qui emplit parfois ses traits, se dessine sur ce visage que Kun chérit tant. Pendant un instant, les effluves du passé s’attaquent à Kun. Le hantent, se manifestent. Déplaisir partagé par Shaolan, c’est plus triste que Kun ne l’aurait voulu. Surtout parce que tous les deux savent que leur histoire n’est plus idyllique, qu’elle a été tâchée – salie par Kun. Paroles que Kun écoute attentivement, l’air détaché qu’ils veulent se donner. L’aveu de Shaolan, Kun qui ressasse le passé à voix haute, pose des questions qu’il vaudrait mieux taire. L’atmosphère propice à la confession, aux mots difficiles à dire autant qu’à entendre. Kun ne sait pas ce qu’ils font, qui ils sont. Deux étrangers familiers. Kun a le sang qui se glace, le cœur qui saute un battement à cette réponse. Je déteste pas ça, penser à toi. Lueur d’espoir bien vite éclipsée. Mais je préfère quand je ne pense pas à toi. Il est incapable de répondre, de dire quoi que ce soit. Ils sont des souvenirs emmêlés, un passé heureux et un présent pitoyable, un futur inexistant paraît-il. Et Kun est là, juste impuissant. Faible, le cœur lacéré et tout est de sa faute. C’est lui qui s’est offert à eux, qui a causé à Shaolan cette pensée, le fait de préférer ne pas l’avoir en tête. Kun, coupable.


Les excuses qui sortent finalement et puis il parle, l’aveu. Cette maison est leur cœur, la naissance de leurs premières caresses, de leurs baisers fiévreux, de leurs souffles qui n’existent pas l’un sans l’autre. Elle est le berceau de cet amour entaché. Lointaines images, Shaolan qui rit involontairement. Leurs jeux d’enfants, ils étaient tellement heureux. Heureux sous le ciel gris, la pluie – ils avaient tout mais maintenant, ils ne sont plus rien. Rire teinté de mélancolie, désespoir palpable. C’est sans force que Shaolan réplique. Arrête. Il voudrait bien, si c’était possible il le ferait mais Kun ne peut se raccrocher qu’au passé, à ces moments qui voudraient lui filer entre les doigts. Shaolan le fait taire, sa main glisse sur la sienne. Pulpes des doigts qui touchent les siens et la douleur revient. Arrête de me faire du mal. Il n’y a que cette phrase qui résonne, que ces mots dont l’écho est meurtrier. « Je sais, je sais que je pourrais jamais réparer ou effacer ce que j’ai fait. Mais crois-moi, je ne veux plus te faire de mal. » Les mots murmurés faiblement, Kun qui n’a pas le temps d’en dire plus parce que la mère de Shaolan rentre. Que son visage s’illumine en les voyant alors que celui de Kun se ternit, que son cœur le lâche. Et ils se lèvent, leurs doigts bien vite écartés – comme si leur conversation n’était qu’un vague souvenir – du moins pour l’instant. Kun salue Madame Li, il la remercie pour la dernière fois. Et puis les excuses viennent. « J’ai gâché votre réception, je suis vraiment désolé. » Et il ne peut pas dire pourquoi. Non, parce que le pourquoi est juste à côté de lui et qu’ils se brisent encore le cœur à chaque mot. « Si je peux vous être utile pour quoi que ce soit en remerciement, dîtes-le moi. » Sourire qu’il essaie d’arborer, la peine qu’il voudrait masquer. Et Kun ne sait pas s’il devrait rester ou s’en aller, n’est-il bon qu’à tout briser ?




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MessageSujet: Re: all we do is think about the feelings that we hide -- kun   Sam 26 Mai - 17:58
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Ils sont ensemble mais il y’a la vide entre eux, énorme fossé dont la faute est rejetée par chacun. Shaolan est coupable de son manque de temps, les affaires familiales qu’il doit gérer, l’unique hôpital de la ville dont il a pris la succession sans rien demander, il a moins de temps, c’est normal. Il aimerait y trouver une raison valable, mais il n’y arrive pas. Kun les a souillé, a pris les heures d’absence pour excuse à ses nombreuses tromperies. Et quand Shaolan dépose les yeux sur lui, c’est un mélange de dégoût et de tristesse qu’il ressent. Il ne veut pas penser aux autres mains qui se sont posés sur le corps de son homme, les soupirs que d’inconnus ont arraché à ses lèvres et les lippes qu’il a ravagées. Il ne veut pas. Kun est le sien, lui a toujours appartenu même avant que leur relation ne prenne cette tournure là et il déteste sentir l’odeur des autres sur sa chair. Ce n’est pourtant pas le cas aujourd’hui, ça ne l’était pas non plus la dernière fois, le fameux soir du malaise. Il avait vraiment cru le perdre cette fois-là et a failli céder. Il est faible devant la douleur de Kun, il veut abdiquer, croire encore en un avenir entre eux. Mais les choses étaient déjà assez difficile, Kun a érigé de nouveaux obstacles. Comme s’ils en avaient besoin. Il a envie de le sentir contre lui, l’aimer encore et lui dire que tout ira bien. Il trouvera du temps, ils oublieront le passé. Seulement, ils ne peuvent fermer les yeux devant la réalité.

Il ne fait plus confiance à Kun, il a mal quand il le touche et même quand ses pensées se perdent vers lui. Il a mal en se pensant indigne de lui, qu’il n’a pas été assez bien pour réussir à retenir près de lui l’homme qu’il chérit le plus. Parce qu’il appartient à Kun, autant que le brun ne lui appartient. Il réprime l’envie qu’ont ses doigts qui aimeraient venir entourer l’anneau qui pend à son cou, caché par la couche de vêtement, alors qu’il trainait fièrement à son annulaire avant. Ça avait été un risque que les deux ont pris, se prouver un amour qu’ils devaient cacher à tous. Ces anneaux étaient si visibles et brillaient si fort à leur doigt que personne n’y faisait attention. Parce que c’était bien trop évident.

Ils se retrouvent dans le salon de la maison, en attendant l’arrivée de sa mère. Il n’y a plus lieu à l’espoir entre eux, Shaolan ne sait pas comment ils pourraient revenir à leur amour d’avant, il est trop amer et brisé. Shaolan aimerait se souvenir des bons moments seulement, des je t’aime soufflés contre son cou, des bras de Kun qui entouraient sa taille, la poigne possessive, la façon dont lui seul savait le faire gémir, leurs rires, leurs secrets. C’est tout ce qu’il veut garder en tête, la suite, il aimerait l’oublier, annihiler l’image de Kun qui perd de son superbe, de Kun qui avoue sans regret l’avoir trompé. Kun a ses genoux qui supplie le pardon, il préférait de loin quand ses genoux heurtaient le sol pour le vénérer d’une autre façon, pas celle-là. Pour cela, il doit arrêter le flot de paroles qui parvient à son oreille. Il ne doit pas rouvrir ses bras au corps de Kun, tout reviendra comme avant. Ce sera parfait pour quelques semaines ou mois, mais le brun retrouvera ses démons.

« Tu m’en as déjà assez fait. » souffle-t-il en détournant la tête rapidement, la porte venait de s’ouvrir. Sa mère est autant heureuse de le voir que Kun, elle l’a toujours considéré comme son propre enfant, d’autant plus depuis la mort de sa génitrice. Il reprend place sur le canapé et observent les deux discuter, les excuses de Kun (il ne semble plus avoir que cela à la bouche d’ailleurs, des excuses, encore et toujours). Sa mère lui assure qu’il n’a rien gâché et qu’elle est avant tout heureuse de le voir sur pieds, avec quelques couleurs de plus sur le visage. Puis elle tient à ce qu’ils restent pour le dîner. Shaolan a envie de refuser, il ne se sent pas capable de rester encore plus longtemps dans la même pièce que son ancien amant, mais il se résout encore moins à attrister la femme et finit par accepter. Elle leur propose alors d’aller dans la chambre de Shaolan, le temps qu’elle prépare le dîner. « Tu viens ? » Il ne lui tend pas la main, ne lui offre pas le moindre regard. Il n’y a que son dos qui lui fait face alors qu’il le guide jusqu’à sa chambre à pas lents. C’était le moment qu’il craignait, qu’ils se retrouvent de nouveau entre ses quatre murs remplis de souvenir et qui ont voulu tant dire pour eux. Leur refuge.



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